Conflit israélo-palestinien, laïcité, discriminations,attentats

Le Manifeste contre le Nouvel antisémitisme, paru dans le Parisien du 21 avril 2018 a eu le mérite de pousser un cri amenant les uns et les autres à prendre clairement position.

Le cri premier de ce manifeste était une réaction à un silence sur la banalisation de l'appel au meurtre des juifs en France, et le silence sur la violence tout de même spécifique subie par eux. Une spécificité que les statistiques démontrent quant au nombre de violences physiques et de meurtres, relativement au nombre des juifs de France. Dire cela n'a rien de communautariste, c'est l'expressions d'une angoisse légitime des juifs pour eux mêmes et leurs familles. Ce premier manifeste était très lié aux résultats du collectif qui s'est constitué après le meurtre de Sarah Halimi pour que vérité soit dite et justice soit rendue.

Ce texte n'étant pas sans défauts, nous reproduisons ci-dessous un texte (postérieur) de SOS-Racisme.

LA LUTTE CONTRE L'ANTISÉMITISME DOIT ÊTRE LE COMBAT DE TOUS

« L’antisémitisme est l’affaire de tous », clament à raison plus de 250 signataires, après avoir publié dans Le Parisien, dimanche 22 avril, une tribune contre « le nouvel antisémitisme ». Cette tribune s’alarme, à juste titre, de l’insupportable regain des crimes et délits antisémites. Depuis une dizaine d’années, des juifs ont été assassinés en France, parce que juifs ! La parole antisémite s’est libérée et a franchi la ligne rouge qui mobilisait des millions de Français dans la rue pendant les soixante ans qui ont suivi la Shoah et la collaboration vichyste.

Cet appel souligne, à raison, le rôle délétère des islamistes et de leurs réseaux idéologiques, lesquels partagent les obsessions antisémites de l’extrême droite et d’une partie de la gauche radicale. Il est hors de question de minorer cette réalité.

Pourtant, il fait l’impasse sur l’autre carburant de cette résurgence de l’antisémitisme qu’est la montée des populismes nationalistes. Plus grave encore, en enfermant cette dénonciation dans une opposition identitaire à une communauté musulmane voulue uniforme, en l’essentialisant dans l’injonction à modifier le Coran, il alimente le fantasme d’une « oumma » que tente de faire advenir l’idéologie des islamistes. Enfin, en mêlant des signataires honorables à des figures proches de la droite identitaire, il décuple le risque de confusion.

Antisionisme radical

Les préjugés antisémites sont très forts dans toute l’Europe, et ils touchent toutes les classes sociales et toutes les confessions, comme l’indiquent les études les plus récentes. Toujours vivace à l’extrême droite, l’antisémitisme a trouvé, depuis les années 1960, un nouveau masque sous la forme d’un antisionisme radical qui reprend les stéréotypes de l’influence occulte des juifs, notamment en laissant croire que toute critique de la politique israélienne est interdite. Dieudonné et ses réseaux l’ont bien compris en désignant à la vindicte « les sionistes » pour tenter d’échapper aux lois qui punissent en France les discours de haine.

On se souvient d’appels à tuer les juifs qui ont fusé dans la rue en juillet 2014, dans le silence d’une partie de la gauche radicale présente dans ces cortèges, et aussi de ceux entendus à « Jour de colère » en janvier de la même année, patchwork de militants d’extrême droite, adeptes d’Alain Soral, proches de Civitas, du Printemps français, de La Manif pour tous, et des supports de Dieudonné, des pro-Assad, des pro-Hezbollah, tous réunis par la même obsession.

LA LUTTE CONTRE L’ANTISÉMITISME EST INDISSOCIABLE DU COMBAT ANTIRACISTE, ÉGALITAIRE, RÉPUBLICAIN ET UNITAIRE

L’antisémitisme islamiste se nourrit tout à la fois de préjugés antisémites liés aux théories du complot – nul n’ignore le succès dans le monde arabe des Protocoles des sages de Sion – et d’une cause palestinienne instrumentalisée. Le djihadisme takfiriste véhicule toutes les haines et commande toutes les tueries : celles des juifs, des homosexuels, des femmes, des mécréants, des minorités religieuses, y compris musulmanes.

La République doit affirmer sa détermination sans faille à contrer et punir non seulement les prédicateurs de haine, mais toutes les militances appelant à la détestation meurtrière. Car la porosité de l’idéologie des islamistes parmi nos concitoyens musulmans existe et doit être combattue pour ce qu’elle est : un danger imminent pour les juifs, pour la France, pour la démocratie.

L’antisémitisme se doit donc d’être dénoncé dans sa globalité. Si nous focalisons notre attention sur le seul antisémitisme des islamistes, nous déculpabilisons tous les autres et ne pouvons le combattre pleinement.

Dépasser les instincts communautaires

Mais, là encore, il manque une précision à la tribune du Parisien. On peut dénoncer les mésusages du concept d’islamophobie, tout en reconnaissant qu’existent aussi en France des actes et des propos antimusulmans que la République, d’ailleurs, condamne au même titre qu’elle condamne tous les racismes. Car l’enjeu est bien de pouvoir combattre toutes les formes de racisme, qui représentent un danger imminent, non pas seulement pour les juifs ou les musulmans, mais pour la France et la démocratie.

Ce qu’occulte également cette tribune, c’est la montée dans le monde, et en Europe, des populismes nationalistes et la remise en question des valeurs des Lumières par des gouvernements tels que ceux de Pologne, de Hongrie, de Russie, de Turquie. Les idéologies se réclamant du nationalisme et du conservatisme attaquent sournoisement les droits de l’homme et les valeurs démocratiques. Dans la plupart de ces pays, l’expression populiste est empreinte d’antisémitisme, de racisme, d’homophobie, de sexisme.

DÉPASSER LES PEURS ET LES INSTINCTS COMMUNAUTAIRES EST UNE EXIGENCE FONDAMENTALE POUR QUE L’ENSEMBLE DE NOS CONCITOYENS, QUELLES QUE SOIENT LEURS VALEURS INTIMES, VIVENT DANS UNE SOCIÉTÉ PLUS JUSTE ET PLUS SÛRE

Ce serait une défaite intellectuelle, voire civilisationnelle, de penser pouvoir lutter contre l’antisémitisme en excluant de l’universalisme nos concitoyens musulmans, au motif qu’une petite partie adhère à une idéologie mortifère. Pour nous, la lutte contre l’antisémitisme exige d’être conduite au nom des valeurs progressistes fondatrices de nos démocraties. Elle doit être le combat de tous, responsables musulmans compris (dont, il convient de ne pas l’oublier, certains ont donné l’exemple). Mais on ne peut pas sérieusement demander à nos concitoyens musulmans de « nettoyer » leur livre saint, de retirer tel ou tel passage du Coran. D’autant que tout laisse à penser que cela ne changerait rien ni à la banalisation de l’antisémitisme ni aux obsessions islamistes.

Sommes-nous confrontés à une guerre de religion ? Non, nous sommes engagés dans un combat des Lumières contre les obscurantismes. La lutte contre l’antisémitisme ne peut pas se compromettre avec un populisme réactionnaire à « bas bruit ». Elle est indissociable du combat antiraciste, égalitaire, républicain et unitaire. Dépasser les peurs et les instincts communautaires est une exigence fondamentale pour que l’ensemble de nos concitoyens, quelles que soient leurs valeurs intimes, vivent dans une société plus juste et plus sûre.

Voir ici ce texte accompagné de la liste des premiers signataires

A propos du processus de paix israélo-palestinien

Le RAJEL, Réseau des Associations Juives Européennes Laïques, exprime ses vives inquiétudes quant à la mise en danger du processus de paix entre Israël et les Palestiniens, suite à l'initiative unilatérale de Donald Trump, de transférer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Seul un accord négocié, fondé sur la cohabitation de deux Etats souverains avec Jérusalem comme capitale commune, doit pouvoir assurer une paix durable et reconnue par la communauté internationale.

Voir aussi notre page Israël-Palestine .

Editorial de Mai 2017 de La Paix Maintenant

Jerusalem sans haine... que j'aime

Quel est ce "gauchiste" coupé de la réalité israélienne qui a osé déclarer, en plein Yom Yerushalayim mercredi dernier, "

....nous ne pouvons pas chanter les louanges d'une Jérusalem unifiée pendant que Jérusalem Est, où vivent 40% de ses habitants, est la zone urbaine la plus pauvre d'Israël ...?

Rien de moins que Reuven Rivlin, le Président de l'Etat, qui, une fois de plus, se révèle être la conscience du pays. Que l'on soit de droite, et certainement de gauche, on peut aimer cette ville magique sans se satisfaire de festivités autour desquelles les millions coulent à flot et qui excluent une large partie de la population plutôt qu'elle ne rassemble l'ensemble de ses habitants, juifs et arabes. Après 50 ans, peut-être serait-il temps de trouver d'autres modalités de célébrer cette ville que de laisser la rue à des milliers de manifestants extrémistes et racistes qui, au cours de leur "parade des drapeaux" déversent leur haine des arabes et leurs insultes sur tout ce qui ne leur ressemble pas. Nombreux sont ceux qui participent à ces rassemblements par défaut mais qui se reconnaîtraient mieux en des événements ou tous auraient leur place. Ils sont gênés que pendant qu'ils sont dans la rue, des milliers de personnes, arabes, sont confinées chez elles, des centaines de magasins et boutiques sont fermés et tout cela, non par sécurité mais par peur d'agressions et de vandalisme comme cela se produit tous les ans.

Forçant le respect, des dizaines de magasins à Jérusalem Ouest sont restés fermés ce même jour, leurs propriétaires voulant afficher leur solidarité avec les commerçants arabes et leur personnel, contraints de perdre une journée de travail alors que, comme l'a dit le Président, la pauvreté fait des ravages. Ici et là se sont tenus des rassemblements contre la haine, des rencontres de communautés qui rassemblent les habitants plutôt que d'en exclure. Il n' y a aucune raison de laisser Jérusalem à la droite extrême, aucune honte à avoir d'aimer une Jérusalem d'or et de lumière, dont l'absence de haine lui est consubstantielle, une ville d'ouverture dans laquelle on s'y retrouve certes, mais où, non moins important, on y trouve aussi "l'autre".

Ilan Rozenkier

Prenez connaissance du communiqué de Jcall contre la loi régularisant les constructions sauvages des les territoires occupés. Nous nous associons entièrement à ce communiqué.

Le décret anti-immigration musulmane pris par le nouveau président des Etats-Unis a été signé le 27 Janvier, date anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz et journée internationale de commémoration de l'Holocauste. Cela a été l'occasion d'un étrange discours de Donald Trump, dans lequel il s'est arrangé pour ne pas prononcer le mot juif. Voir ici la réaction de Corinne Daubigny

Sauvons Israël Stop Occupation

C'est l'appel lancé par JCall (sous l'acronyme SISO) et soutenu par le Rajel, Réseau des Associations Juives Européennes Laïques, dont l'AMJHL fait partie, déjà signé par de nombreuses personnalités d'horizons variés. des signataires. Pour prendre connaissance de cet appel, de la liste des premiers signataires en France ou en Israël, et bien sûr pour le signer si vous êtes d'accord, cliquer sur le titre de ce paragraphe.

Nous sommes Berlin (Communiqué du RAJEL du Mercredi 21 décembre 2016

Le même schéma d'horreur semble se répéter à l'infini. Le RAJEL, Réseau des Associations Juives Européennes Laïques, tient avant tout à exprimer tout son soutien aux familles frappées de plein fouet. Une fois encore, ne laissons pas la haine ou la peur nous aveugler et continuons à porter des valeurs d'humanisme et de paix.

Deuil national Communiqué du RAJEL.

La folie meurtrière a frappé cette fois-ci, en plein cœur de Nice, fauchant sur son passage, des familles, des enfants… venus fêter ensemble le 14 juillet.

Le RAJEL, Réseau des Associations Juives Européennes Laïques, voudrait avant tout exprimer son émotion face à toutes les victimes de ce carnage et son soutien aux familles et proches de celles-ci.

Le 14 juillet, symbole de la Révolution Française, de la liberté face à la tyrannie, est à jamais endeuillé.

Ne laissons pas la haine envahir nos cœurs et continuons plus que jamais, à défendre cette liberté durement acquise et si fragile.

Samedi 16 juillet 2016

Pour réfléchir sur la question des réfugiés, nous vous invitons à lire le poeme suivant, écrit par une réfugiée somalienne. Ce poème est diffusé par la fondation suisse Hommes de parole dont nous recommandons le site.

Signalons, sans illusions, l'ouverture le 30 Mai prochain de la conférence de Paris sur le Proche-Orient et le vote en Avril dernier par l'Unesco (avec la voix de la France) d'une résolution très contestable sur Jérusalem. Voir les détails ici.

2 Mai 2016

JCall soutient la tenue de la Conférence de Paris sur le Proche-Orient et réprouve le vote de la France à l’Unesco.

JCall soutient la tenue le 30 mai prochain de la Conférence de Paris sur le Proche-Orient, particulièrement bienvenue compte tenu du blocage persistant du processus de paix qui a pour effet la perpétuation d’un statu quo mortifère. JCall rappelle qu’un règlement sur la base de la solution à 2 Etats est soutenu, selon tous les sondages, par une majorité d’Israéliens et de Palestiniens. Il est donc possible, sous réserve d’une mobilisation de la communauté internationale et d’une véritable volonté politique chez les Israéliens et les Palestiniens. A ce titre, JCall ne peut que déplorer la réaction négative du gouvernement israélien.

Les éléments en sont connus au moins depuis le début des années 2000, avec les «paramètres Clinton» et les «négociations de Taba». Ces éléments ont été ensuite formalisés, au terme de deux ans de négociations, par un groupe de travail connu sous le nom d’Initiative de Genève, composé d’Israéliens et de Palestiniens ayant exercé de hautes responsabilités dans leurs sociétés respectives. La plupart de ces éléments se retrouvent dans l’Initiative arabe de paix lancée par l’Arabie Saoudite en 2002, endossée par la Ligue arabe en 2005, précisée en 2013 pour intégrer explicitement la nécessité d’une solution négociée à la question des réfugiés. JCall espère, comme le Ministre des Affaires étrangères et du développement international Jean-Marc Ayrault l’a explicitement souhaité, que la Conférence de Paris permettra de poser les bases d’une reprise rapide du dialogue direct entre Israéliens et Palestiniens, condition sine qua non à un règlement du conflit.

C’est autour de ces axes que s’articulent les démarches diplomatiques responsables et réellement constructives, contrairement aux appels de ceux qui voudraient voir la communauté internationale – ou, à défaut, le gouvernement de leur pays – adopter des positions anti-israéliennes. A cet égard, la récente adoption par une instance politique de l’Unesco – avec les voix de la France, mais également de la Russie et de trois autres membres de l’Union Européenne: l’Espagne, la Slovénie et la Suède – d’un texte niant la réalité des liens entre le peuple juif et Jérusalem, à l’encontre de toute vérité historique, est l’exact exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Deux remarques sur ce dernier point.

  • 1) Le texte de cette résolution d'Avril 2016 est très difficile à trouver, plus encore si on veut lire une version française ! Le voici à titre d'information .
  • 2) Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'intérieur, a très nettement pris ses distances, voir ici.

Communiqué du RAJEL sur le boycott

Le RAJEL est profondément heurté par le développement dans notre pays des campagnes de boycott orchestrées par BDS.

Le RAJEL rappelle qu'il soutient une solution négociée du conflit du Proche-Orient comportant deux Etats pour deux Peuples, la reconnaissance pleine et entière de l’Etat d’Israël et le droit des Palestiniens à avoir un état indépendant.

Ces campagnes qui se limitaient initialement au boycott des produits fabriqués dans les territoires palestiniens sous contrôle de l'armée israélienne s'étend maintenant à tout ce qui vient d'Israël et en particulier aux échanges intellectuels et culturels dont les manifestations contre la présence, l'été dernier, de la Ville de Tel-Aviv à "Paris sur Plage" et tout dernièrement contre une troupe de ballet à l'Opéra de Paris sont les exemples les plus affligeants.

Ces campagnes sont le terreau sur lequel se développe la montée de l'antisémitisme en France, comme on peut le constater quotidiennement.

Le RAJEL fera tout ce qui est en son pouvoir pour dénoncer et s'opposer à ces actions de boycott qui ont comme seul résultat tangible d'importer le conflit israélo-palestinien sur le territoire français.

Nous faisons notre ce communiqué de JCall.

Nous sommes tous des réfugiés ...

Les images de ces migrants, enfants, adultes ou vieillards, marchant le long des voies ferrées ou sur les routes, leur baluchon sur le dos, rampant sous des barbelés pour passer des frontières, ou celles encore plus tragiques de ces personnes tassées sur des embarcations de fortune, à la dérive sur les flots, commencent à réveiller les consciences. Celle d’Aylan, cet enfant syrien, mort noyé et échoué sur une plage turque, donnant un visage à tous ces milliers d’autres enfants et adultes disparus en mer dans l’indifférence estivale, est devenue le symbole de cette tragédie. Alors que les dirigeants européens essaient d’élaborer une réponse à ce défi, sans aucun doute, l’un des plus importants de ce début de siècle, nous ne pouvons pas ne pas nous rappeler d’autres images, celles de ces millions de Juifs fuyant le nazisme et qui ne trouvèrent, à quelques exceptions près, aucun port pour les accueillir. Les noms de ces bateaux, comme le St Louis ou le Patria qui ont vainement sillonné les mers en quête d’un refuge ou de ceux qui, comme le Struma, ont coulé corps et biens restent dans l’histoire comme un témoignage de l’indifférence du monde d’alors à la tragédie qui s’annonçait. C’est pourquoi, nous devons être parmi les premiers à nous mobiliser pour exiger de nos gouvernements d’ouvrir les portes de l’Europe à ces réfugiés qui n’ont pas d’autre choix pour survivre que de fuir leur pays en guerre où beaucoup d’entre eux sont persécutés. Mobilisons nous et rejoignons le cortège des manifestations qui commencent à se former.