Antisémitisme

POURQUOI L’ANTISÉMITE DIEUDONNÉ SÉVIT-IL ENCORE A MONTPELLIER ?

En Janvier 2009 : Le Kawa café lui refuse sa salle, faisant suite à la demande de la Mairie.

En Mai 2012 : Après un arrêté municipal d’interdiction, cassé par le tribunal administratif, le Gaumont Multiplexe lui ferme finalement ses portes en se privant par là même des recettes d’entrées de toutes les salles. Du fait de la location de la salle sous un nom d’emprunt, le risque de poursuite juridique était mince.

Cependant en Mai 2015 : Le Zénith a été loué au pseudo-humoriste en connaissance de cause. Même scénario. Arrêté municipal d’interdiction, cassé ensuite par le tribunal administratif pour atteinte à la liberté d’expression. La Mairie n’avait pas jugé bon de poursuivre la procédure d’interdiction jusqu’en Conseil d’État. Le spectacle a lieu et une vidéo fait ensuite le tour des réseaux sociaux : Dieudonné glisse une quenelle et des propos insultants pour notre Maire.

Le 5 Mars prochain : Le Zénith de Montpellier est de nouveau loué à Dieudonné.

Pourquoi Montpellier Events a accepté de louer sa salle à cet antisémite notoire ? Aucune explication. Peut-être par peur d’être sous le coup de l’interdiction du « Refus de vendre », ou pour ne pas renoncer aux retombées financières de ce spectacle qui malheureusement attirera un public nombreux, attiré par le souffre de celui qui a déclaré il y a quelques mois qu’il se sentait Charlie-Coulibaly ».

Et rebelote, Arrêté municipal d’interdiction mais immédiatement cassé par le Tribunal administratif sur recours des avocats de Dieudonné. Et de nouveau la procédure s’arrête là.

Est-ce que l’arrêté du maire de Montpellier était insuffisamment motivé ? Pourquoi celui du maire de Nice début 2015, n’a pas été contesté par le tribunal administratif ?

Le Conseil d’État et la « jurisprudence Dieudonné »

En revenant sur une jurisprudence de 1933 (arrêt Benjamin) le Conseil d’État affirme que :

  1. pour prévenir un trouble à l’ordre Public ou, (c’est nouveau) une atteinte à la dignité humaine, l’autorité de police administrative (Maire ou le Préfet) est fondée à demander l’interdiction d’un spectacle.
  2. s’il rappelle que la liberté d’expression est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés .
  3. cette liberté peut être restreinte pour des exigences d’ordre public, mais les atteintes portées à cette liberté fondamentale doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées..
  4. si en Janvier 2014 le conseil d’État a admis que le risque d’atteinte à la dignité humaine était manifeste au vu des précédents spectacles de la tournée « Le mur » .
  5. en 2015, il a considéré que la situation était différente et que le spectacle mis en cause avait été donné dans plusieurs villes sans susciter de troubles à l’ordre public. Et que l’interdiction n’était pas le seul moyen de sauvegarder l’ordre public ; et ni le contexte national (attentats de janvier) ni le contexte local (les protestations des citoyens) ne suffisent à établir l’existence de risque de trouble à l’ordre public.

Mais il ne se réfère plus à l’atteinte à l’atteinte à la dignité humaine, pourtant manifeste au vu du passif de Dieudonné et de ses nombreuses condamnations dont l’historique est impressionnant : un total de 80 000 € d’amende, justement pour des propos portant largement atteinte à la dignité humaine :

Sans parler des condamnations de fraudes fiscales, de blanchiment et abus de biens sociaux et organisation frauduleuse de son insolvabilité en transférant illégalement depuis cinq ans plus de 400 000 € au Cameroun.

Relancer le conseil d’état sur le terrain de l’atteinte à la dignité humaine aurait été à l’honneur de la ville de Montpellier.

Ou encore sur le terrain du droit commercial, Montpellier Events (dont la ville, la Métropole, le département et la Région sont coactionnaires) aurait pu refuser de louer le Zénith sans avoir peur d’argumenter sur un « motif légitime et sérieux » (laissé à l’appréciation des juges) au vu des nombreuses condamnations de Dieudonné pour ses propos antisémites, provocations à la haine raciale et injure raciale.

De nombreuses associations dont la LICRA et le B’NAI B’RITH qui luttent contre le racisme et l’antisémitisme attendaient des prises de position un peu plus ferme de la Présidente de Montpellier Events ainsi que de ses actionnaires pour faire la priorité à la protection de la dignité humaine sur les retombées financières.

Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) Montpellier-Hérault

B’nai B’rith de Montpellier

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